Qui n’a pas redouté, l’espace d’un instant, de revivre les soirées de CNS, les bulles de contact et les annonces de confinement, à la vue des passagers du MV Hondius débarquant à Ténérife, masques FFP2 sur le visage ?
Les experts, épidémiologistes et virologues, ont beau nous dire que l’hantavirus n’est pas le Sras-Cov2, que nous ne sommes absolument pas dans le même scénario que la pandémie de Covid-19, rien n’y a fait : une légère trouille s’est emparée d’une bonne partie du monde. Une légère trouille, une sourde angoisse, on l’appellera comme on voudra. Signe, en tout cas, que le traumatisme du coronavirus n’est pas encore passé.
Alors c’est vrai, les nouvelles sont plutôt rassurantes. Les 22 cas contacts, présents en France, ont tous été testés négatifs. Les deux Belges également. De même qu’un passager américain, d’abord annoncé comme positif. Les autres passagers du navire sont aujourd’hui soit en quarantaine, soit surveillés comme le lait sur le feu.
Et puis, soyons de bon compte, les comparaisons avec le covid sont de nature à nous rassurer. La période d’incubation est très longue (42 jours), a priori le virus ne se transmet pas lors de cette période, il est très stable et peu sujet aux mutations, et surtout il est beaucoup moins contagieux. Mais ce qui rend l’hantavirus angoissant, c’est son taux de létalité : entre 30 et 50% (il est de 0,5% pour le covid, avec des pics de 15% chez les plus fragiles, au plus fort de l’épidémie).
Il n’en faut pas plus pour que notre imagination, nourrie par les confinements et les re-confinements, tourne à plein régime. Qui osera encore sortir de chez lui si un tel virus provoque une pandémie mondiale ?
Bien plus que les va-t-en guerre de tous poils qui dirigent la planète aujourd’hui, c’est cette menace invisible qui nous hérisse le poil. Un agent infectieux microscopique, quelques gouttelettes de salive, des êtres humains qui ont pris l’habitude de faire le tour du monde, et toute la planète peut à nouveau basculer dans une crise sanitaire aux conséquences indéfinissables.
L’hantavirus semble aujourd’hui sous contrôle. Mais les erreurs, les tâtonnements, les faux apaisements lors de l’apparition du covid-19 nous ont appris à rester méfiants.
Faisons donc confiance aux experts du monde entier qui nous l’assurent : l’heure est à la vigilance, pas à l’inquiétude.
Toute ressemblance avec une pandémie connue serait purement fortuite.
On l’espère. De toutes nos forces.