Les Jeux olympiques d’hiver s’ouvrent ce soir à Milan-Cortina mais la première compétition à remporter pour ces sportifs de haut niveau, avant même de disputer les Jeux, est celle de leur financement. Pour la très grande majorité d’entre eux, la pratique sportive ne génère pas suffisamment de revenus pour vivre. Les sportifs de haut niveau sont rarement des professionnels : il leur faudrait, pour cela, un contrat de travail signé avec un club ou une fédération, leur assurant un revenu régulier.
Une enquête mondiale menée par l’organisation Global Athlete en 2020 auprès de 500 athlètes issus de 48 pays et 56 disciplines des jeux d’été et d’hiver, le montre très clairement : 58 % d’entre eux ne se considèrent pas comme financièrement stables et seuls 5 % des athlètes vivent confortablement de leur sport.
Sur quelles sources de revenus peuvent-ils compter ?
Il y a les primes olympiques, à condition d’avoir décroché une médaille. En Belgique, elles sont versées par la Loterie Nationale : 50.000 euros pour l’or, 30.000 pour l’argent et 20.000 pour le bronze. Les coachs reçoivent 25% du montant reçu par leurs athlètes. Les primes des médaillés paralympiques sont alignées sur celles des médaillés olympiques.
Entre deux éditions des Jeux, les champions olympiques comptent sur l’exposition médiatique consécutive à leur podium pour décrocher des contrats de sponsoring auprès d’entreprises. Avec, là aussi, des rétributions financières variables selon la notoriété de l’athlète, le sport pratiqué, le niveau de performance. Beaucoup d’athlètes vivent grâce à leur famille, à des petits sponsors, ou à des emplois complémentaires.
Face à cette situation, Ross Stevens, un financier et philanthrope américain, promet, à partir de cette édition, 200.000 dollars à tous les athlètes olympiques et paralympiques américains, indépendamment de leurs performances. Et ceci pour chaque participation aux Jeux. Dans le détail :
– 100.000 dollars seront versés vingt ans après la première participation aux Jeux .
– Les 100.000 dollars restants prendront la forme d’un capital garanti pour la famille de l’athlète après son décès.
Du côté de la Belgique, en Fédération Wallonie-Bruxelles, via l’Adeps, les athlètes peuvent obtenir des contrats professionnels qui offrent un salaire et une couverture sociale. L'armée aussi engage. Les sportifs sous CDI bénéficient du statut de militaire et de la reconnaissance de haut niveau.
Il y a aussi d’autres modèles pour les champions olympiques, aussi divers qu’étonnants.
En Corée du Sud, une médaille olympique peut valoir une exemption de service militaire. En Pologne, un champion peut recevoir un diamant, un appartement, un tableau et des vacances.
En Irak, certains athlètes qualifiés ont reçu une parcelle de terre, une voiture, et la promesse d’un million de dollars en cas de médaille.
Autant de solutions rarement structurelles…
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