| “Most dangerous place in Scotland to be a woman : her own home” ("L'endroit le plus dangereux pour une femme en Écosse : sa propre maison") [The Sunday Post, Dimanche 15 fevrier 2026]
Le constat est glaçant. Selon le décompte du réseau écossais Women’s Rights, près de 200 femmes ont été tuées par des hommes en Écosse au cours des 16 dernières années. Beaucoup, rapporte encore le Courrier International, ont été assassinées dans le seul endroit où elles devraient se sentir complètement en sécurité, leur propre maison. Affaire d’Écossais ? Tout doux. Chez nous, ce vendredi, De Standaard interviewe la réalisatrice Nahid Shaikh. Dès lundi, la VRT entamera la diffusion de sa série documentaire « En nu is ze dood », série en 4 épisodes, consacrée aux féminicides. « C’est cru mais on aurait pu en faire 6 saisons tant il y a de choses à dire, notamment sur les chiffres noirs. » Ces décès qui ne rejoindront jamais les statistiques, des femmes qui ‘tombent’ dans les escaliers à celles qui se suicident après des années de violences psychologiques ou physiques.
Plus à l’abri en rue que chez soi ?
Pas sûr non plus. The Guardian dévoilait mardi une colonne d’opinion. Lucy Pasha-Robinson y explique « un homme m’a bousculée dans la rue. Il voulait me donner une leçon. » Quelle leçon peut-on bien transmettre en bousculant quelqu’un ? Que le partage de l’espace publique ne se fait qu’à l’avantage des hommes et aux détriments des femmes ?
Comme la journaliste du Guardian l’a fait dans sa rédaction, j’ai posé la question à mes consœurs. Cette agressivité de rue, ce sentiment d’impunité de celui qui juge que l’autre peut bien céder la place, tenir la porte, s’écarter de sa route, elles m’ont dit l’avoir vécu, du portail des transports en commun jusqu’à la portion de trottoir qu’elles s’estiment en droit d’utiliser.
Savoir qui tient le haut du pavé face à l’autre est peu de chose au regard des coups souvent mortels portés à des femmes. Pourtant, ce regain d’intolérance, cette « montée d’agressivité en rue » pour citer ma collègue, ne peut que nous interroger. Quand a-t-on desserré le frein ? se demande The Guardian. Pourquoi les sentiments autrefois contenus doivent-ils soudain déborder en de telles éructations ? Racisme ordinaire, violence conjugale, agressivité de rue atteignent une ampleur jamais vue auparavant. La presse s’en est fait l’écho. Interpellant. Ligne d’écoute pour les violences conjugales ( 0800/30.030) |