Le nouveau système imaginé en Europe est celui des "hubs de retour". Le principe ? Envoyer les personnes déboutées de l’asile dans des centres situées hors de l’Union Européenne. Là, elles seraient détenues, en attendant leur expulsion.
"Je pleure plusieurs fois par jour, parce que j’ai tellement peur." En 2007, se rappelle De Standaard, la Belgique avait été émue par l’histoire d’Angelica, 11 ans, une fillette équatorienne, enfermée au centre 127bis, à Steenokkerzeel, avec sa mère. Toutes deux n’avaient pas droit à l’asile en Belgique et attendaient leur rapatriement. Le gouvernement belge avait finalement décidé de ne plus enfermer d’enfants, cette pratique lui avait déjà valu plusieurs condamnations par la Cour Européenne des Droits de l’Homme.
Ce jeudi 26 mars, rapportent vos journaux, c’est avec des cris de joie que les Parlementaires européens ont accueilli les nouvelles règles. Celles-ci permettront bientôt à l’Union Européenne de donner son feu vert à l’enfermement d’enfants sans droit de séjour. Les applaudissements – vifs, et les cris de joies démontrent, à lire la presse, que ceux qui ont fait voter ce texte le jugeaient politiquement important. Ce texte doit sa majorité à une alliance entre la droite et l’extrême droite.
La question des "retours" est légitime, écrit l’Avenir. Sur l’ensemble des "retours" prononcés, un sur cinq seulement a réellement lieu. Mais la réponse apportée interroge. Faut-il sacrifier les droits de l’enfant au profit de la politique migratoire ? L’Europe est-elle en voie d’ICE-fication, puisqu’à la manière des États-Unis, c’est la méthode dure que l’Union Européenne se choisit là.
À très forte voix, cet hiver, la presse a dénoncé l’arrestation à Minneapolis (Minnesota) d’un jeune enfant, Liam et son envoi, en compagnie de son père, dans un centre de détention pour migrants à des milliers de kilomètre de leur domicile. Le projet européen ne sera-t-il pas plus sévère encore ? Il expulsera, de facto, les personnes déboutées, hors de l’Union. Dans ces pays tiers où l’on aura installé, non pas des "hubs" mais bien des centres d’expulsion, où seront parqués et jusqu’à 24 mois, "toute personne qui ne coopère pas volontairement à son rapatriement". Chez nous pourtant, nul Trump pour nous pousser à adopter une telle mesure.