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L’Europe espère que les Hongrois feront ce qu’elle n’a pas pu faire : écarter Viktor Orban

C’est sans doute le scrutin le plus important de l’année en Europe. Et à en croire les sondages - mais restons prudents -, les Hongrois vont réaliser l’espoir de beaucoup de dirigeants du continent : écarter Viktor Orban du pouvoir.


Jeune libéral devenu conservateur dans les années 90, Viktor Orban s’impose aujourd’hui comme une figure centrale de l’extrême droite européenne, l’architecte de l’illibéralisme. En façade, ça reste une démocratie, avec la tenue d’élections régulières. Mais une démocratie en carton-pâte qui cache, derrière ses murs, un régime autoritaire.


À peine au pouvoir en 2010, Viktor Orban s’en prend à la liberté de la presse, réduit le champ d’action de la Cour constitutionnelle, place ses fidèles à des postes clés de l’Etat.

Dès ce moment-là en Europe, la question s’est posée : faut-il sanctionner la Hongrie ?

Car les violations et les menaces sur l’Etat de droit s’enchaînent : corruption, conflits d’intérêts, attaques contre l’indépendance de la presse, de la justice, atteintes aux libertés fondamentales, notamment des minorités LGBTQ + et des migrants.


En 2022, le Parlement européen a voté une résolution disant que la Hongrie était devenue une "autocratie électorale" mais face à une telle dérive, l’Union européenne semble désarmée. Elle n’a pas les moyens d’exclure la Hongrie. Ce n’est pas prévu dans les traités européens. Il existe bien des sanctions en cas d’attaques contre l’Etat de droit. La Hongrie pourrait perdre son droit de vote au sein du Conseil européen. Mais cette sanction est difficile à mettre en place. Une procédure lancée en 2018 est aujourd’hui dans les limbes. La Hongrie peut également se voir privée de fonds européens. C’est d’ailleurs le cas. 18 milliards d’euros sont actuellement gelés. Mais rien qui fasse fléchir Viktor Orban. Non seulement, il a renforcé sa mainmise sur la Hongrie au fur et à mesure des années. Mais il a aussi fragilisé l’Union européenne.


Viktor Orban refuse de soutenir Kiev et se comporte comme le cheval de Troie de la Russie. Cette collusion a été confirmée récemment par des révélations sur des transferts d’informations entre le chef de la diplomatie hongroise et son homologue ou encore des discussions entre les deux hommes sur les sanctions européennes contre la Rusie.


Viktor Orban est aussi un allié de Donald Trump, un président américain qui déteste l’Union européenne et qui cherche à la diviser. Le dirigeant hongrois n’est pas en reste, lui, qui a accusé, en vrac, l’Union européenne : d’alimenter la guerre en Ukraine, de mettre en danger l’identité chrétienne du continent, d’être une nouvelle Union soviétique à laquelle les Hongrois doivent résister. Mais de nombreux Hongrois ne semblent plus mordre à l’hameçon. La grave crise économique qui affecte la Hongrie pourrait coûter sa place à Viktor Orban.


Depuis des mois, les sondages annoncent la victoire de son principal rival, Peter Magyar, un conservateur qui a promis de réconcilier la Hongrie et l’Union européenne, ce qui reste à voir.

En attendant de connaître le résultat des urnes, plus d’un dirigeant européen doit rêver aujourd’hui que les Hongrois lancent dimanche un "au revoir, dictateur", le surnom donné à Viktor Orban, sous forme de boutade, par Jean-Claude Juncker, l’ex-président de la Commission européenne. Disant quand même tout haut ce que d’autres pensaient déjà tout bas. C’était il y a plus de 10 ans.


L'édito de Sandro Calderon

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Quel est l'enjeu du retour sur la lune ?

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Le programme Artémis marque le retour des humains, et des Américains en l’occurrence, autour de la Lune. Depuis la fin du programme Apollo en 1972, l’astre blanc n’intéressait, en effet, plus vraiment les différents gouvernements. Y avait-il vraiment un intérêt scientifique à y retourner aujourd'hui ? Valérie Van Grootel, astrophysicienne à l'ULiège estime

que "il ne faut pas être naïf, ce n’est pas l’enjeu majeur. Ça sert surtout un peu de caution pour le grand public". La conquête spatiale semble dès lors plutôt rythmée par des enjeux géostratégiques. D’ailleurs, si le retour vers la Lune se fait à notre époque, c’est bien à cause du contexte politique souligne l'astrophysicienne. En tant que scientifique, Valérie Van Grootel se dit partagée : elle se réjouit de ce qu’est capable d’accomplir l’humanité, mais elle reste lucide sur les objectifs réels de ce genre de missions. Et elle en garde une leçon : "Les très belles photos d’Artemis où on voit vraiment la Terre comme une petite bille bleue dans l’espace, et même ce que nous disent la science en général et l’astronomie, c’est que la Terre est indispensable à l’humanité et qu’on n’a pas de planète B".

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On se le remet dans les oreilles

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Le shaker du meilleur de la semaine

Pour éviter les crises énergétiques, "il faut transitionner le plus rapidement possible vers des énergies locales", plaide Adel El Gammal

Malgré l’accalmie apparente au Moyen-Orient, les marchés de l’énergie restent sous haute pression. Pour Adel El Gammal, professeur de géopolitique de l’énergie, la situation reste profondément instable et les consommateurs

Adel El Gammal

belge ne doivent pas s’attendre à un retour rapide à la normale."On aura certainement un retard de plusieurs semaines entre ce qui se passe au détroit d’Ormuz et les approvisionnements en Europe", précise le professeur de l’ULB. La crise actuelle révèle surtout une faiblesse structurelle de l’Europe, sa dépendance énergétique qui rend le continent particulièrement vulnérable : "Tant que nous aurons ce niveau d’importation, nous serons totalement vulnérables à la volatilité des marchés et aux crises géopolitiques". Et ces crises sont appelées à se multiplier. Une réalité qui impose, selon lui, un changement radical de stratégie.

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